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LE PREMIER VOYAGE OUTRE-MER DE L'HISTOIRE DE LA LNH

MONTRÉAL | 5 mai 2009
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Une cinquantaine de joueurs de hockey, un bateau appareillé pour l’Europe et une saison terminée; tous les ingrédients sont réunis pour un voyage sans pareil.

Depuis quelques années déjà, l’idée d’organiser des matchs outre-mer germait dans la tête des dirigeants de la Ligue nationale, afin de promouvoir le sport, principalement en Europe. Au printemps 1938, l’idée est devenue réalité alors que les Canadiens et les Red Wings ont pris le chemin du Vieux-Continent pour disputer une série de neuf matchs hors-concours en Angleterre et en France.

Les joueurs des deux équipes sont montés à bord du RMS Ausonia, le 11 avril 1938, à partir d’Halifax. Direction, le pays des fish’n’chips, du thé et des autobus à deux étages. Après un voyage plus long que prévu d’une durée de neuf jours, le seul joueur originaire de Grande-Bretagne, du pays de Galles plus précisément, Wilf Cude met le pied sur sa terre natale.

Bien qu’il s’agisse de matchs hors concours, les joueurs de la LNH donnent un spectacle qui dépasse largement les attentes du public britannique. Le premier affrontement a lieu dans la municipalité d’Earls Court, en banlieue de Londres, devant une foule de 8500 personnes. Le résultat final du premier duel tourne en faveur des Montréalais, qui l’emportent par la marque de 5-4. Les spectateurs ont eu droit à tout ce qu’il se fait de mieux dans le hockey professionnel nord-américain. Dans une dépêche parue dans le journal La Patrie du 22 avril 1938, on peut y lire que le match avait présenté de « légères escarmouches, discussions, mise en échec, lancers de punition, période additionnelle et même une punition d’inconduite de cinq minutes à Hec Kilrea, qui protesta candidement de son innocence.»

Avant le match, le gérant des Red Wings, Jack Adams, a pris le microphone avant le début de la rencontre, pour expliquer aux partisans les subtiles différences entre le hockey amateur (présenté en Angleterre) et le hockey professionnel. La foule a bien réagi, y allant même d’encouragement pour les Canadiens, scandant «Vas-y Canada! » Bien sûr, ceux-ci avaient un certain parti pris pour l’équipe montréalaise étant donné la présence de Cude devant le filet du Tricolore.

Un autre match sera présenté en Angleterre au début de cette tournée, à Brighton. Puis la bande quitte l’île, traverse La Manche et se retrouve à Paris pour une série de trois matchs au Palais des Sports. Les Canadiens remportent deux des trois duels. Le premier de ceux-ci est certainement le plus notable. Le Tricolore a littéralement ouvert la machine pour marquer cinq buts dans les dix dernières minutes du match.

Transformer un déficit de  8-5 en une victoire de 10-8 en quelques instants n’est pas banal. Et les Français ont semblé apprécier le spectacle comme le rapporte un journal de l’époque.

«La joute, qui fut rapide et dénuée de brutalité, a fort excité les Français, qui assistaient à leur première partie professionnelle », mentionne un journaliste à l’époque.

Après ce petit saut dans l’Hexagone, les joueurs des deux équipes retournent en Angleterre pour disputer quatre autres matchs avant de rentrer au pays. Les Canadiens et les Red Wings s’échangent la politesse dans cette dernière portion du voyage, en enregistrant chacun deux victoires.

Au final, le voyage sur le Vieux-Continent a été à l’avantage des Canadiens, qui ont conservé une fiche de cinq victoires, trois revers et un verdict nul au cours de la série. Mais d’abord et avant tout, c’est le hockey professionnel qui en a le plus profité et la Ligue nationale répètera l’expérience à de nombreuses reprises, notamment avec le Tricolore, notamment en 1992, dans une série Canadiens-Blackhawks, à Londres.