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Trahis par un baton
MONTRÉAL | 4 juin 2010
Les entraîneurs se sont succédé derrière le banc des Canadiens en préconisant chacun leur propre méthode. Aucun n’a eu une poigne de fer et respirait autant l’autorité que Scotty Bowman, dans les années 1970. Dans son cas, toutes les techniques étaient permises pour garder un œil sur ses joueurs en tout temps, même hors de la patinoire.
Faisant partie de la dynastie championne de quatre coupes Stanley de 1976 à 1979, Yvon Lambert garde des souvenirs mémorables de cet impératif entraîneur.
« Scotty Bowman cherchait toujours une nouvelle façon de nous déranger et de nous faire réagir », se souvient Lambert. « On gagnait tout le temps et on avait énormément de plaisir à le faire ce qui ne plaisait pas toujours à notre entraîneur ».
Bien qu’il n’ait jamais fait la demande de brevet pour ses méthodes, Bowman avait sa propre marque de commerce : se faire détester de ses joueurs.
« Avec le temps, ça devenait difficile de nous motiver à le détester », a indiqué Lambert, l’auteur du fameux but en prolongation contre les Bruins qui a permis aux Canadiens de se rendre en finale de la coupe Stanley en 1979. « Il inventait constamment de nouvelles façons de nous déranger. »
« Son meilleur coup a eu lieu alors que nous étions à Vancouver pour un voyage de trois jours contre les Canucks », de poursuivre l’ancien numéro 11. « Lors de la deuxième soirée, Bowman a voulu s’assurer que nous allions respecter le couvre-feu. »
L’entraîneur des Canadiens a alors eu la brillante idée de donner un bâton de hockey au concierge de l’hôtel. Jusqu’ici, rien de vraiment spécial. Ce qu’il lui a demandé par contre est assez inusité.
Bowman aurait dit tout bonnement au concierge de faire dédicacer le bâton par tous les joueurs qui rentreraient après le couvre-feu, alors établi à 23 h. Le concierge s’est exécuté et tous les joueurs, croyant avoir affaire à un admirateur, ont tout simplement signé le bâton, ne se doutant pas de ce qui arriverait le lendemain.
« Disons que la journée suivante, tous les noms qui se sont retrouvés sur le bâton ont eu droit à un petit entretien avec Bowman », a admis Lambert. « Ils devaient être sept ou huit, mais je ne faisais partie du groupe. »
Est-ce que Lambert aurait dû servir d’exemple ? Loin de là.
« Pour ma part, je n’ai eu aucun problème », a avoué Lambert.
« Je n’ai pas signé le bâton puisque je ne suis tout simplement pas rentré ! ».
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« Disons que la journée suivante, tous les noms qui se sont retrouvés sur le bâton ont eu droit à un petit entretien avec Bowman », a admis Lambert. « Ils devaient être sept ou huit, mais je ne faisais partie du groupe. »
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