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Le souci du détail
 
MONTRÉAL | 1er février 2010
Le souci du détail
Dans une équipe de hockey, les gardiens de but sont souvent reconnus comme étant ceux qui se soucient le plus de chaque détail, de chaque petit élément qui pourrait avoir une influence et faire la différence entre une victoire et une défaite.

C’est entre autres le cas du gardien de but des Canadiens durant 11 saisons, Jacques Plante. Lorsque le numéro 1 se retrouvait devant le filet des Canadiens, absolument aucun détail n’était laissé au hasard. À l’étranger, le légendaire gardien allait même jusqu’à changer d’hôtel, se plaignant de la qualité de l’air, où ses coéquipiers dormaient.

Même sa position devant le filet était calculée au cheveu près.

Il connaissait tous les amphithéâtres de la Ligue nationale par cœur. La disposition des bandes, leur réaction par rapport aux rondelles déviées, l’espace derrière le filet. Rien n’échappait à l’attention de l’homme masqué. Absolument rien !

Lors d’un entraînement matinal au Chicago Stadium en vue de la rencontre contre les Blackhawks, Plante se plaint à ses coéquipiers d’un détail qui les laissent plutôt perplexes, incluant Jean Béliveau.

« Nous nous entraînions et Jacques avait déclaré avant la pratique, à la grande surprise de nous tous, que le filet à Chicago était plus bas que partout ailleurs dans la LNH », se souvient Béliveau, lui qui a vu son nom être gravé sur la coupe Stanley à 10 reprises en tant que joueur. « C’était quelque chose comme 1/8 ou 1/4 de pouce! »

Le plus étonnant dans cette histoire, c’est que le célèbre cerbère du Tricolore n’avait pas encore posé le patin sur la patinoire ce matin-là. Bien sûr, tous ses coéquipiers ont froncé les sourcils, se demandant comme il pouvait faire une telle affirmation.

«  Nous lui avons alors demandé comment il pouvait affirmer une telle chose », s’est souvenu Béliveau. « C’est alors qu’il nous a dit : ’Lorsque je me penche dans mon filet, c’est toujours pareil. Pas ici.’ »

Ne voulant surtout pas mettre en doute ouvertement les dires de leur gardien, Béliveau et ses coéquipiers participent normalement à l’entraînement, ne faisant aucune mention du filet supposément plus bas.

Par contre, une fois l’entraînement terminé, les joueurs du Tricolore n’hésitent pas à aller s’assurer de la véracité de ce que Plante affirmait.

«Il faut l’admettre, nous étions très sceptiques », a soutenu Béliveau. « Nous ne trouvions pas que son explication était valable. C’est pourquoi nous avons décidé d’aller mesurer le filet. Devinez quoi ? Il avait absolument raison! »

L’histoire ne raconte pas si Plante a gagné son match cette soirée-là, mais ses coéquipiers ont appris une bonne leçon : ne jamais mettre en doute la parole d’un cerbère.

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