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Tête dure
 
MONTRÉAL | 20 décembre 2011
Tête dure
Les coups à la tête sont d’actualité dans la LNH, mais les commotions cérébrales sont loin d’être un phénomène nouveau dans le sport. Toutefois, comme l’ancien attaquant du Tricolore Sergio Momesso a personnellement pu le constater, la façon de diagnostiquer ces blessures à la tête a fait un bon bout de chemin en 30 ans.

«J’ai été victime de ma première commotion cérébrale quand j’avais 22 ans. Nous jouions contre Los Angeles et je m’étais battu contre Ken Baumgartner, qui était un gros bonhomme», raconte le vétéran de 12 saisons qui est maintenant analyste des matchs des Canadiens à la radio. «J’avais l’impression de bien me débrouiller, mais il m’a atteint d’un crochet de droite et nous sommes tombés sur la glace. Nous avons patiné vers le banc de punition et c’est là que j’ai réalisé que quelque chose ne tournait pas rond.»

Les soupçons de Momesso se sont rapidement confirmés quand il a été rejoint au banc par le défenseur tchèque Petr Svoboda, qui n’avait pas besoin de diplôme en médecine, ni même d’une maîtrise de l’anglais pour comprendre que les choses n’allaient pas bien dans la tête de son coéquipier.

«Petr est pris en défaut par l’arbitre, il arrive au banc de punition et il claque la porte, en colère à propos de la décision. Je suis là, confus, assis à côté de Petr qui parle à peine quelques mots d’anglais», raconte Momesso à propos de Svoboda, qui demeure le joueur européen réclamé le plus tôt au repêchage de l’histoire des Canadiens. «Je le regarde et je lui dis : ‘Hey Pete, c’est quoi le pointage?»

«Le tableau indicateur est énorme et littéralement devant nos yeux. Il me regarde alors et me lance : ‘Qu’est-ce que tu veux (censuré) dire, vieux? C’est 5 à 2!’», poursuit Momesso qui rit en répétant les paroles de son coéquipier durant trois saisons à Montréal. «Alors qu’il est encore énervé par sa punition, je lui redemande 15 secondes plus tard : ‘Hey Pete, c’est 5 à 2 pour qui?’ Vraiment en colère, il me sort tous ses jurons en anglais avant de me lancer : ‘Que veux-tu dire? On perd 5 à 2!’ C’est alors que je me suis dit: ‘Ahhh c’est pour ça qu’il est fâché, on perd!’»

Aucunement affecté par l’impatience de Svoboda, Momesso a décidé de pousser davantage sa chance avec une dernière question qui lui brûlait d’envie de poser à son coéquipier champion de la coupe Stanley.

«Il restait peut-être 10 secondes à sa pénalité quand je l’ai regardé en lui demandant : ‘Une dernière chose Pete, peux-tu me dire où nous sommes?’», rappelle le joueur originaire de Montréal. «C’est alors qu’il panique et me lance : ‘Qu’est-ce que tu veux dire? Nous sommes à Los Angeles!’ Tout ce à quoi je pouvais penser à ce moment était ‘Super, j’aime Los Angeles!’»