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Mon ciel bleu
 
MONTRÉAL | 21 juillet 2010
Mon ciel bleu
La clé de tout bon coup pendable est l’absence de trace, une fois le méfait commis. Mais que se passe-t-il quand votre tour implique une substance utilisée pour mettre les empreintes digitales en évidence ? C’est exactement comment Kirk Muller l’a découvert à ses dépens en 1993.

Tout a commencé innocemment quand Muller parlait à un ami qui était agent de police. La discussion s’est poursuivie au point où l’entraîneur adjoint actuel du Tricolore s’est retrouvé avec de l’encre d’une puissance inouïe en main.  

« Mon ami m’a averti de faire très attention puisqu’il s’agit d’une substance très concentrée », se souvient l’ancien ailier du Tricolore.

« Il m’a dit comment cette poudre pouvait prendre de l’expansion au contact de la sueur. Je l’ai rassuré et j’ai vraiment cru que je faisais déjà très attention. »
 
Force est d’admettre que les précautions de Muller n’étaient pas suffisantes.

« Je l’ai amené à l’entraînement un jour et j’en ai mis dans les sacs de sous-vêtements, dans les gants et le casque de Patrick Roy, puis dans les gants de certains gars. J’en ai mis partout, mais seulement un peu à la fois – je n’avais pas l’impression d’en avoir mis tant que cela », explique Muller à propos de la poudre à base d’anhydride qu’utilise la police.

Tout semblait assez normal à l’entraînement ce jour-là jusqu’à ce que les victimes de Muller, y compris Mike Keane, Lyle Odelein et Guy Carbonneau aient décidé de prendre une pause.

« Nous patinions depuis un moment quand les gars ont retiré leurs gants pour aller boire de l’eau », rappelle Muller, sourire en coin.

« C’est là que tout le monde s’est rendu compte qu’ils avaient les mains bleu foncé ! Patrick a enlevé son masque et il en avait plein le visage. Je me suis dit : ‘Bon sang, qu’est-ce qui se passe ?’ »

« Après l’entraînement, tout le monde a retiré ses sous-vêtements et ils avaient tous la peau bleu foncé. En marchant dans le vestiaire, leur sueur tombait sur le tapis et laissait des marques bleues », raconte Muller, qui venait de réaliser rien de moins que de transformer le club en une bande de Schtroumpfs. « Le nouveau tapis rouge que la direction venait d’acheter avait des taches bleues partout et le pauvre Eddy Palchak était découragé, ne comprenant pas ce qui se passait. »

Même si l’entraîneur originaire de Kingston, en Ontario, n’a pas amené le secret avec lui dans sa tombe, il n’a pas avoué sa faute immédiatement non plus.

« J’ai éventuellement dit aux gars que j’étais l’auteur de cette farce, mais seulement deux ou trois mois plus tard », admet Muller qui, avec ses coéquipiers, a plus tard remporté la coupe Stanley le printemps venu. « Nous avons remporté la coupe, Eddy a eu droit à un nouveau tapis et tout a été pardonné. »

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