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MON MATCH : LEN BRODERICK
Mon match : Len Broderick
 

IL A DISPUTÉ SON SEUL MATCH AVEC LES CANADIENS LE 30 OCTOBRE 1957

MONTRÉAL | 8 décembre 2008
Mon match : Len Broderick
Gardien régulier de la formation junior des Marlboros de Toronto qu'il avait menée à la coupe Memorial en 1956, Len Broderick, âgé de 19 ans, a servi de gardien auxiliaire pour les équipes visiteuses au Maple Leaf Gardens de Toronto en 1957-1958.

« Les équipes amenaient un seul gardien sur la route, les arénas devaient donc fournir les services d'un deuxième gardien en tout temps. Ils me donnaient 25$ par match », se rappelle Broderick.

Les trois premières rencontres de la saison se déroulèrent sans incident. Les choses étaient toutefois sur le point de changer. Le 30 octobre 1957, alors que les Canadiens étaient de passage dans la Ville Reine, Broderick a été appelé à remplacer d’urgence le gardien vedette du Tricolore Jacques Plante, victime d’une crise d'asthme.

« Ce soir-là, je suis arrivé à l'aréna en retard. Je me suis présenté seulement 45 minutes avant le début de la partie », raconte Broderick. « Ils ont dû me trouver un équipement, ce qui a également retardé les choses. »

Bien que le Tricolore n’était pas l'équipe favorite du joueur natif de Toronto, entrer dans le vestiaire des Canadiens et se préparer à défendre le bleu-blanc-rouge était à la fois excitant et intimidant pour le jeune gardien.

« Ils formaient une grande équipe et ils étaient sur une lancée », relate Broderick. « Maurice Richard était leur capitaine. Il est venu me voir et nous avons discuté, ça m'a beaucoup aidé. »

Broderick n’a pas eu le temps de souffler, son premier véritable test survenant seulement quelques minutes après la mise en jeu initiale.

« Frank Mahovlich s'est présenté en échappée », poursuit l’ancien gardien maintenant âgé de 70 ans. « J'avais participé au camp d'entraînement des Leafs et je me rappelais d'une de ses manœuvres qui fonctionnait à tout coup. Il glissait toujours la rondelle entre mes jambières. On en riait souvent d'ailleurs. Cette fois-là, j'étais déterminé à ne pas me faire battre. »

Le jeune gardien a freiné en effet le grand Mahovlich et le Tricolore a pris les commandes de la rencontre, Don Marshall inscrivant le premier but quelques minutes plus tard. Deux buts de la part d'Henri et Maurice Richard et un troisième de Jean Béliveau donnèrent par la suite les devants 4 à 0 à Montréal après deux périodes.

Alors que le match progressait, la tenue sans failles de Broderick lui a attiré quelques commentaires sarcastiques de la part des joueurs des Leafs.

« J'avais joué avec (Bob) Pulford et (Bobby) Baun avec les Marlies et ils m'ont lancé à quelques reprises 'Qu'essaies-tu de nous faire?’, des choses comme ça. »

Les Canadiens s'étaient déjà forgés une avance de cinq buts lorsque Toronto a réussi à déjouer Broderick pour la première fois, Barry Cullen privant le gardien d'un jeu blanc à 9:39 de la troisième période. Bobby Baun allait également s'inscrire à la marque avant que la sirène ne mette fin au match, qui s’est terminé par une marque de 6 à 2.

La belle performance de Broderick, qui a par la suite fait carrière en comptabilité, lui a valu un cachet supplémentaire. En plus des 25$ de base, le gardien a reçu 150$ de la part des Canadiens.

Mais la plus belle récompense que Broderick s’est vu remettre a été sans doute la photo d'après-match publié dans les journaux, où il pose aux côtés des frères Richard, auteurs de trois des six buts des Canadiens.