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MON MATCH : LOUIS DENIS
Mon match : Louis Denis
 

L'ANCIEN AILIER DROIT A PROFITÉ PLEINEMENT DE SES TROIS MATCHS AVEC LES CANADIENS.

MONTRÉAL | 24 décembre 2008
Mon match : Louis Denis
Si les droits de Louis Denis avaient appartenu à une autre formation que les Canadiens de Montréal, la carrière de l'attaquant se serait sans doute poursuivie au-delà des trois matchs inscrits à sa fiche.

« Je n'ai pas été chanceux. J'étais un ailier droit qui essayait de se tailler un poste au sein d'un alignement qui comprenait Maurice Richard, Floyd Curry et Bernard Geoffrion », s'est rappelé Denis.

Un attaquant de 5'8'' et 140 livres, "Lulu" Denis a disputé 14 saisons dans la Ligue de hockey senior du Québec avec les Royaux de Montréal, sans jamais réussir à s'établir dans la LNH, participant à seulement trois rencontres avec le Tricolore en 1949-1950 et 1950-1951.

À la première occasion, le joueur de 21 ans a même eu besoin de quelques heures afin de prendre conscience de la situation.

« À cette époque, les Ice Follies et les Ice Capades donnaient des spectacles au Forum pendant une semaine complète. On avait joué le dimanche après-midi et on ne jouait plus avant le dimanche suivant. On était en congé, comme les Canadiens d'ailleurs », a-t-il dit.

« Pendant la saison, nous disputions souvent des matchs préparatoires lorsque nous n'avions pas de rencontres au calendrier. Frank Carlin m'a alors appelé et m'a dit 'Lou, tu joues avec les Canadiens demain soir, rends-toi à la station de train, un billet t'y attend'. Dans mon esprit, il s'agissait d'une autre rencontre préparatoire. »

Attrapant le train de nuit, Denis a été accueilli à la gare Union Station de Toronto au matin par son cochambreur Billy Reay, qui l’a invité à déjeuner. C'est à ce moment, 24 heures et 550 kilomètres plus tard, que Denis a réalisé qu’il s’apprêtait à revêtir l’uniforme bleu-blanc-rouge.

« J'ai commandé un déjeuner copieux, avec du bacon, des œufs et tout le reste. Reay a alors dit quelque chose à propos des Maple Leafs de Toronto. Je lui ai demandé s'il s'agissait d'un match régulier et il me répondit : ‘Bien sûr, ce sont les Maple Leafs’. C'est à ce moment que j'ai senti les papillons dans mon estomac. »

L'allocution de l'entraîneur Dick Irvin à la réunion d'équipe plus tard dans la matinée  du 11 février 1950 n'a rien fait pour le rassurer.

« Je me suis rendu à la réunion avec mon compagnon de trio Bob Fryday, qui est natif de Toronto. Irvin a tenu la réunion à 11 h et il avait en mains un journal de Toronto dans lequel on mentionnait que les jeunes qui avaient été rappelés moisiraient sur le banc, comme c’est souvent le cas. Irvin a alors lancé : 'Je vais leur montrer qu'ils ont tort. Lou, Bob et Elmer Lach, vous allez commencer le match' », s'est-il rappelé.

« Nous avons débuté le match. À notre deuxième présence, Billy Reay a écopé d'une punition et Toronto en a profité pour marquer deux buts, nous n’avons plus joué par la suite. »

Le soir suivant à Boston, Denis a obtenu davantage de temps de glace et récolté son premier point dans la Ligue nationale.

« On tirait de l'arrière 1 à 0. Vers la fin de la deuxième période, Irvin a décidé de jumeler Fryday et moi. Je ne me rappelle plus qui était le joueur de centre, mais j'ai pris possession de la rondelle avant de la passer à Bob, qui a marqué pour égaliser la marque. En troisième, nous avons effectué plusieurs autres présences. »

À l'occasion de matchs simulés pendant le camp d'entraînement ou lors de rencontres préparatoires, Denis a davantage servi d'adversaire que de porte-couleurs des Canadiens au cours de sa carrière. Il garde d’ailleurs des souvenirs mémorables de ces matchs.

« À cette époque, il n'y avait de matchs préparatoires entre les équipes de la LNH, donc nous (Royaux de Montréal) affrontions souvent les Canadiens avant le début de la saison. Je me souviens d'un match en 1948 ou 1949, nous les avions vaincus 4 à 2 et j'avais marqué deux buts. Les Canadiens étaient furieux et ils voulaient s'en prendre à nous ».