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MONTRÉAL | 11 mars 2010
Rocket, Roadrunner, Boom-Boom, Flower. Dans un sport au sein duquel les immortels sont connus par un seul nom, feu Lorne Worsley sera à jamais Gump.
Doté d’un coeur de champion dans un corps de chauffeur d’autobus, le gardien peu orthodoxe aux réflexes aussi vifs que sa répartie a passé plus d’une décennie à défendre la cage des pauvres Rangers de New York avant de se joindre au Tricolore en 1963, l’équipe de sa ville natale.
Les amateurs du Madison Square Garden adoraient le style échevelé et l’esprit compétitif de Worsley, alors que les médias faisaient leurs choux gras de ses commentaires colorés.
« Mon visage est un masque, » a-t-il dit un jour alors qu’on lui demandait s’il songeait à se munir d’une protection faciale.
Démontrant une fougue exceptionnelle en situations de match, Gump n’approchait pas les entraînements avec le même enthousiasme, se retirant du but lorsque ses coéquipiers s’élançaient pour un lancer frappé et y allant souvent d’efforts peu convaincants lors des parties simulées.
Si à New York il prétendait, avec sarcasme, que l’équipe qui lui donnait le plus de fil à retordre était ses propres Rangers, Worsley n’a jamais eu à se plaindre de ses coéquipiers avec les puissants Canadiens.
La nonchalance qui déstabilisait les entraîneurs à New York était contrôlée par l’entraîneur des Canadiens Toe Blake, qui savait que Worsley fournissait tous les efforts une fois la rondelle mise en jeu.
Ses prouesses et son style flamboyant rendirent Worsley aussi populaire au Forum qu’il ne l’avait été au MSG. Il mena Montréal à quatre conquêtes de la coupe Stanley, remporta deux trophées Vézina et fut choisi parmi les étoiles à deux reprises. Toujours à son meilleur en séries, Worsley a conservé une moyenne de buts alloués de 1,92 lors des éliminatoires, la troisième meilleure de l’histoire des Canadiens.
Coéquipier populaire qui se détendait à l’aide du gin, le jeu de carte et non la boisson, Worsley avait comme compagnons réguliers Ralph Backstrom et John Ferguson. Il a déjà joué une partie de cartes marathon de 24 heures alors que le train était retardé par une tempête de neige.
Intronisé au Temple de la renommée du hockey depuis 1980, Lorne « Gump » Worsley était franchement unique, sur et hors de la patinoire.
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