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Le sept carré d’Henri
MONTRÉAL | 8 juillet 2010
Si le Jour de l’an 1958 s’est transformé en soirée dansante au Garden de Boston, la vedette fut non pas un orchestre, mais plutôt un jeunot du nom d’Henri Richard.
Frère cadet d’une légende, le « Pocket Rocket », alors âgé de 21 ans, allait lui aussi connaître une carrière extraordinaire mais à sa troisième campagne, certains questionnaient toujours sa robustesse. Cette rencontre allait fait taire tous les critiques.
« C’est le genre d’histoire qui est embellie à chaque fois qu’elle est racontée, » dit modestement Richard. « Les faits semblent beaucoup plus gros que l’événement lui-même à l’époque. »
Au milieu de la deuxième période, alors qu’une égalité de 2-2 persistait, les bancs se sont vidés, les gants sont tombés et les joueurs se sont mis à valser. Il a fallu 14 minutes et la crème des agents de l’ordre de Boston pour calmer les esprits.
Richard, 5’7’’ et 160 livres, a eu au moins trois partenaires de danse au cours de la bataille royale. Bien qu’il concédait de trois à cinq pouces et jusqu’à 30 livres à ses adversaires des Bruins, il est sorti de l’échauffourée avec une fiche gagnante.
L’édition du 13 janvier 1958 du Magazine souligne qu’une demi-douzaine de points de suture furent nécessaires pour refermer une plaie sur le front de Richard, mais mentionne également des traitements similaires du côté de Leo Labine et la « main écrabouillée » de Jack Bionda, de Boston. Un autre rapport fait état d’une fracture du nez pour Bionda. Seul Fern Flaman, qui a livré un verdict nul à Richard, semble s’en être sorti indemne.
« À l’époque, il fallait faire sa place soi-même dans la ligue. J’étais petit, mais je n’avais pas peur, » se souvient Richard. « De nombreux joueurs talentueux n’arrivaient pas à demeurer dans la LNH, car ils se laissaient intimider. »
Une fois la poussière retombée, Richard a démontré ce qu’il savait faire les gants aux mains, inscrivant le but qui donnait les devants aux Canadiens dans une victoire de 4-3.
Richard a dominé la LNH avec 52 mentions d’aide en 1957-1958 et a atteint un sommet en carrière avec 80 points, ce qui lui a permis de sortir complètement de l’ombre de son frère sur la patinoire. À l’extérieur de celle-ci par contre, Henri est toujours demeuré le petit frère du Rocket.
« Pour plusieurs, je suis encore le frère de Maurice. Même aujourd’hui, des gens me présentent comme son frère. Après 60 ans, on s’habitue. Je ne crois pas que ça va changer maintenant, » rigole-t-il.
Mais ce soir-là à Boston, quelque chose nous dit qu’on l’appelait Monsieur Richard à sa sortie du Garden.
Voir aussi
Un bon diable
Trahis par un bâton
Vol d'identité
Michael aux mains d'argent
Mains de fer et gants de velours
Unique en son genre
Un bonheur douloureux
Les Inséparables
Frère cadet d’une légende, le « Pocket Rocket », alors âgé de 21 ans, allait lui aussi connaître une carrière extraordinaire mais à sa troisième campagne, certains questionnaient toujours sa robustesse. Cette rencontre allait fait taire tous les critiques.
« C’est le genre d’histoire qui est embellie à chaque fois qu’elle est racontée, » dit modestement Richard. « Les faits semblent beaucoup plus gros que l’événement lui-même à l’époque. »
Au milieu de la deuxième période, alors qu’une égalité de 2-2 persistait, les bancs se sont vidés, les gants sont tombés et les joueurs se sont mis à valser. Il a fallu 14 minutes et la crème des agents de l’ordre de Boston pour calmer les esprits.
Richard, 5’7’’ et 160 livres, a eu au moins trois partenaires de danse au cours de la bataille royale. Bien qu’il concédait de trois à cinq pouces et jusqu’à 30 livres à ses adversaires des Bruins, il est sorti de l’échauffourée avec une fiche gagnante.
L’édition du 13 janvier 1958 du Magazine souligne qu’une demi-douzaine de points de suture furent nécessaires pour refermer une plaie sur le front de Richard, mais mentionne également des traitements similaires du côté de Leo Labine et la « main écrabouillée » de Jack Bionda, de Boston. Un autre rapport fait état d’une fracture du nez pour Bionda. Seul Fern Flaman, qui a livré un verdict nul à Richard, semble s’en être sorti indemne.
« À l’époque, il fallait faire sa place soi-même dans la ligue. J’étais petit, mais je n’avais pas peur, » se souvient Richard. « De nombreux joueurs talentueux n’arrivaient pas à demeurer dans la LNH, car ils se laissaient intimider. »
Une fois la poussière retombée, Richard a démontré ce qu’il savait faire les gants aux mains, inscrivant le but qui donnait les devants aux Canadiens dans une victoire de 4-3.
Richard a dominé la LNH avec 52 mentions d’aide en 1957-1958 et a atteint un sommet en carrière avec 80 points, ce qui lui a permis de sortir complètement de l’ombre de son frère sur la patinoire. À l’extérieur de celle-ci par contre, Henri est toujours demeuré le petit frère du Rocket.
« Pour plusieurs, je suis encore le frère de Maurice. Même aujourd’hui, des gens me présentent comme son frère. Après 60 ans, on s’habitue. Je ne crois pas que ça va changer maintenant, » rigole-t-il.
Mais ce soir-là à Boston, quelque chose nous dit qu’on l’appelait Monsieur Richard à sa sortie du Garden.
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