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Par la grande porte
MONTRÉAL | 7 août 2010
Vous n’obtenez jamais une deuxième chance de faire une bonne première impression. Pourtant, l’incomparable Dickie Moore en a obtenu une de feu Tom Johnson à l’automne 1951.
Avant le début de son premier entraînement avec les Canadiens, le jeune Moore a été abordé par son nouvel entraîneur-chef.
« Dick Irvin me dit ‘Hey Moore, on me dit que tu es un dur, mais je veux que tu me le prouves. Saute sur la glace et frappe le Rocket, » se souvient Moore. « Croyez-moi, la dernière chose dont j’avais envie était de défier Maurice à ma première journée avec l’équipe, mais j’étais une recrue qui tentait de mériter un poste. J’ai accepté le défi d’Irvin et j’ai distribué une solide mise en échec au Rocket à la première occasion. »
Le geste téméraire n’est pas passé inaperçu auprès de certains vétérans de l’équipe, dont le défenseur Tom Johnson.
« Après l’entraînement, tous les gars s’en allaient dîner et Johnson m’a arrêté et m’a demandé ‘Hey, le jeune, pour qui te prends-tu pour frapper ainsi le Rocket?’ », se rappelle Moore. « J’ai dit à Tom que je ne faisais que suivre les ordres, mais que si ça lui faisait plaisir, je pouvais commencer à le frapper à la place ! »
Malgré leur départ houleux en tant que coéquipiers, Moore et Johnson allaient devenir de grands amis au fil des années et des conquêtes de la coupe Stanley.
« Tom était un gars très sociable et très apprécié par tous les gars, » de dire Moore à propos de son coéquipier de longue date décédé en novembre à l’âge de 79 ans. « Nous nous jouions sans cesse des tours, la plupart desquels je ne pourrais raconter même si je le voulais. Et les soirées de Noël qu’il organisait à sa maison de Côte-des-Neiges étaient légendaires. Tom savait s’amuser. »
Un peu plus d’un an après un accident de la route qui a failli lui coûter la vie, Moore n’a pas besoin qu’on lui rappelle à quel point il a lui-même été chanceux.
« J’ai été chanceux, ce n’est pas tout le monde qui obtient ainsi une deuxième chance, » de dire Moore. « J’aime penser que les portes du paradis ne s’ouvrent que pour les bons gars. C’est pourquoi je suis toujours ici et que Tom nous regarde d’en-haut. »
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